Ses autres inventions
 
 

Conduite forcée autoportante

L'année 1895 sera marquée par le décès de son épouse, qui lui laisse deux enfants en bas âge. Il se consacre alors à l'usine hydroélectrique de La Praz en Savoie, sur les rives de L'Arc.

La chute d'eau utilisée par l'usine est de 35 mètres. Le débit pouvant être le double, on envisage alors de l'employer entièrement.
La prise d'eau nécessaire à l'alimentation des turbines de l'usine doit, pour diverses raisons, être placée sur la rive opposée de l'Arc. Ceci suppose le franchissement du torrent sur lequel les entrepreneurs veulent tout simplement construire un pont, afin d'y faire passer une conduite d'eau.

Paul Héroult met alors son génie inventif en valeur, en proposant de faire une conduite forcée en tôle d'acier de grand diamètre en forme d'arc surbaissé, sans appui, qui résisterait à la pression hydrostatique.

Ceci aurait l'avantage de réaliser une grosse économie et d'être à l'abri des crues.

La conduite de 2.50 mètres de diamètre, doit résister aux coups de bélier, à la pression, aux vibrations dues à la vitesse de passage de l'eau, laquelle atteint 80 à 100 mètres/seconde, aux variations de température, à l'oxydation...


Les techniciens sont perplexes, mais il affirme par des calculs mathématiques, que c'est tout à fait possible. Il fait fabriquer une maquette: elle supporte le poids de son fils, assis au sommet de la conduite en forme d'arc.

Néanmoins, tout le monde lui prédit la catastrophe...

A l'heure de la mise en charge, l'inventeur, qui a fait aménager une légère passerelle, fait monter sa mère et ses jeunes enfants âgés de 4 et 6 ans sur la conduite forcée ... Celle-ci se relève un peu sous l'effet de la pression et tout se passe bien.


conduite forcée


Ce système est maintenant utilisé dans les installations hydrauliques de montagne, toutes les fois où il est nécessaire de traverser un torrent.

Ayant repris confiance en lui, Paul Héroult retrouve sa joie de vivre naturelle et se remarie. Il décide de partir faire le tour du monde avec sa nouvelle épouse en guise de voyage de noces. Une croisière qui durera huit mois, où il retrouvera son élément préféré, la mer.

Après l'Exposition de 1900, ses préoccupations se détourneront momentanément de
l'aluminium, dont les résultats industriels et financiers font si brillamment leurs preuves, mais qui vont tomber dans le domaine public.
 

 Le four électrique industriel

Les travaux de Paul Héroult sur l'aluminium l'ont conduit à créer le four dont la sole conductrice forme cathode et qui représente le 1er type de four électrique industriel. Dès 1896, on y fabrique des alliages en grande quantité.
 

Le four Héroult (four à arc électrique) : sa deuxième grande invention
 
 En 1899, il établit le four à électrodes
et à sole non conductrice: la matière est fondue par un arc électrique
jaillissant entre des électrodes. Cette invention dont il déposera le brevet le 12 novembre 1900, sera d'abord appliquée à l'usine de La Praz en Savoie.

 

 

L'acier ainsi obtenu présente les qualités nécessaires pour tous les emplois, depuis le métal doux des chaudières et des conduites forcées, jusqu'aux produits les plus tranchants de Sheffield.


four électrique à La Praz
 
 

C'est alors que le renom d'Héroult, dans le domaine de l'électrométallurgie, devient universel; son autorité est telle qu'il est appelé, en 1905, aux Etats-Unis, où il deviendra
l'ingénieur conseil de plusieurs sociétés :

 
 

     département spécial pour la construction des fours électriques à acier.


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En Californie, son nom sera donné à un village créé spécialement pour la fabrication de l'acier. Il est maintenant sous les eaux du lac de Shasta.
 

Autres inventions non exploitées

*Passionné depuis son enfance par le problème des appareils à voler, Paul Héroult conçut plusieurs modèles d'engins plus lourd que l'air, dont un hélicoptère qui fonctionna expérimentalement en 1903 : le"phaneroptère".
 

*Vers la même époque, il avait également expérimenté une invention qui, par son exactitude,  nous apparaît aujourd'hui comme une préfiguration stupéfiante du moteur à réaction.

 *En Amérique, avec Cooper Hewitt, l'inventeur de la lampe à vapeur de mercure, il
 cherchait à mettre au point sur un grand lac un curieux système de bateau-coureur, dont il avait eu l'idée, et qui devait, dans son esprit, conduire en vitesse au minimum de
 surface d'appui par sa tendance à se soulever sur ses quatre palettes propulsives : un hydroglisseur, que d'autres réalisèrent après la grande guerre.


* A Genève, avec l'ingénieur Thury, constructeur de dynamos, il collabora au
  perfectionnement des dynamos dites "unipolaires" à axe vertical de la nouvelle usine de La Praz en Savoie.

 *Peu de temps avant sa mort, il avait soumis à l'un de ses amis un projet de fabrication de   l'iode dans la mer des Sargasses, à l'aide d'un bateau spécialement agencé à cet effet.

C'est avec cette dernière invention qu'il quitte le monde de la recherche,
découragé par le manque d'enthousiasme des investisseurs.

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